Cette pièce incarne le genre de la comédie-ballet à la perfection et reste
même l'un des seuls chefs-d'œuvre du genre en regroupant les meilleurs
comédiens et musiciens du temps. Elle répondait au goût de l'époque pour ce
qui était nommé les turqueries, l'Empire ottoman étant alors un sujet de
préoccupation universel dans les esprits, et que l'on cherchait à
apprivoiser. L'origine de l'œuvre est liée au scandale provoqué par
l'ambassadeur turc Suleyman Aga qui, lors de sa visite à la cour de Louis
XIV en 1669, avait affirmé la supériorité de la cour ottomane sur celle du
Roi-Soleil.
Les ajouts turcs ont disparu dans les représentations ultérieures. En 2004
toutefois, le musicien Vincent Dumestre, le metteur en scène Benjamin Lazar
et la chorégraphe Cécile Roussat ont proposé une version intégrale de
l'œuvre, en prononciation restituée, avec les ballets de Beauchamp et la
musique composée par Lully.
À la création, Molière jouait le rôle de Monsieur Jourdain, habillé de
couleurs vives, paré de dentelles d'argent et de plumes multicolores, face à
Hubert, travesti dans celui de Madame Jourdain ; Mlle de Brie était
Dorimène, Armande Béjart jouait Lucile, tandis que le musicien Lully était le muphti au cours de la cérémonie turque du quatrième acte.
HISTOIRE
Décidé à devenir un homme de qualité, Monsieur Jourdain, riche bourgeois, s'entoure, à cette fin, d'une kyrielle de professeurs. Bien que marié, Monsieur Jourdain est éperdument amoureux d'une Marquise, Dorimène. Celle-ci lui a été présentée par le Comte Dorante lequel, en réalité, utilise Monsieur Jourdain en lui empruntant régulièrement de grosses sommes d'argent qu'il ne rembourse jamais, dans le seul but de séduire Dorimène. Madame Jourdain s'en aperçoit et tente d'attirer l'attention de son mari sur le peu de scrupules dont le Comte fait preuve à son égard, mais en vain.
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Personnages
M. Jourdain est un personnage créé et joué par Molière lui-même. C'est un
rôle difficile à jouer car le personnage est quasiment tout le temps présent
sur scène. C'est le personnage principal du récit, il est l'étudiant en «
gentiilhommerie », amoureux de la marquise Dorimène . M. Jourdain est un
personnage unique dans l'ensemble de l'œuvre de Molière, il représente une
vie imaginaire. Il aime les flatteries nobiliaires et y croit. Il aspire à
devenir gentilhomme. Monsieur Jourdain est vaniteux, naïf et capricieux ....
Mme Jourdain est, dans l'ensemble des personnages féminins de Molière, une
figure singulière. Elle apparaît dans peu de scènes de la comédie, et quand
cela arrive, c'est toujours pour s'opposer à son mari soit en face, soit par
des coups bas. C'est le personnage le plus « vieux jeu » de la pièce, mais
elle n'est jamais ridiculisée et a quand même joué un rôle de conseillère
envers monsieur Jourdain vers son apparition au fil de l'histoire .
Lucile est la fille de M. Jourdain. Elle représente dans cette pièce, un des
principaux contrastes. Elle garde les aspects fragiles de la jeune fille
amoureuse, naïve.
Nicole, la servante, forte de son rire et de son caractère paysan, parle
devant son maître d'une façon décontractée et sans complexe.
Cléonte est le cliché de l'amoureux honnête homme, devenu dans Le Bourgeois
Gentilhomme, un seigneur libertin jouant un amoureux transi prêt à tout pour
que son amour soit réciproque, même à se déguiser en imaginaire fils du
Grand Turc.
Covielle est le valet de la pièce, il est à Cléonte ce que Nicole est à
Lucile. Mais, lors de la pièce, son rôle bascule. Il n'est plus le valet
balourd et devient le maître de la comédie de la « turquerie ».
Dorante possède un rôle déconcertant. Intriguant et sans scrupule, c'est
aussi le complice du piège organisé par lucile.
Dorimène est une veuve qui se permet de tout faire, malgré tous les efforts
de M. Jourdain, elle sous-entend en l'acte III qu'elle va épouser Dorante et
confirme ses dires à l'acte 4
Tous les Maitres sont des hommes pratiquant l'art pour gagner de l'argent.
Ils considèrent Monsieur Jourdain comme un moyen facile de se faire de
l'argent
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Résumé
ACTE PREMIER
Scène première
Nous sommes en 1670 dans la maison de Monsieur
Jourdain, un bourgeois de Paris. Afin de devenir un homme de qualité,
Monsieur Jourdain a engagé un maître de musique, un maître à danser, un
maître de philosophie et un maître d’armes qui sont chargés de lui enseigner
leur savoir et d’en faire un homme instruit. Le maître de musique et le
maître à danser se félicitent d’avoir Monsieur Jourdain comme élève car,
malgré le fait qu’il ne sache rien, il paye bien. Le maître à danser
apprécie les applaudissements autant que l’argent mais le maître de musique
affirme que les louanges ne font pas vivre et, bien qu’il méprise Monsieur
Jourdain, il l’apprécie pour son argent.
Scène II
Monsieur Jourdain entre en scène et demande à voir ce
que les deux maîtres lui ont préparé. Le maître de musique présente un de
ses élèves qui a composé un air pour la sérénade demandée par M. Jourdain.
Celui-ci aurait préféré une œuvre du maître lui-même mais consent tout de
même à écouter. Il trouve la chanson lugubre et chante lui-même une chanson
légère. Les deux maîtres complimentent M. Jourdain et chacun lui assure que
son art est indispensable à la bonne marche de l’État. En effet, sans la
danse, un homme ne saurait rien faire et si tous les hommes apprenaient la
musique, ce serait la paix universelle assurée, affirment-ils. Les musiciens
sont appelés et exécutent un dialogue en musique pour M. Jourdain qui trouve
cela bien troussé. Quatre danseurs s’amènent ensuite et exécutent la danse
imaginée par le maître à danser de M. Jourdain.
ACTE II
Scène première
M. Jourdain trouve que les danseurs se trémoussent
bien. Le maître de musique lui affirme que lorsque la musique et la danse
seront mêlées, ce sera du plus bel effet. M. Jourdain a commandé ce ballet
pour une personne de qualité qui doit venir dîner le soir même. Le maître à
danser lui assure que tout sera prêt, le ballet sera beau et M. Jourdain
sera content. M. Jourdain demande qu’on lui apprenne à faire la révérence
pour une marquise qui s’appelle Dorimène. C’est la dame qui doit venir
dîner. Soudain, un laquais annonce l’arrivée du maître d’armes.
Scène II
Le maître d’armes enseigne à M. Jourdain l’art du maniement de
l’épée. Tout le secret des armes consiste à donner et à ne pas recevoir. M.
Jourdain est content car il est sûr de tuer son homme et de pas être tué
lui-même. Le maître d’armes affirme que son art l’emporte sur tous les
autres, dont la musique et la danse. Une violente dispute éclate alors entre
les trois maîtres et M. Jourdain essaie de les calmer.
Scène III
Le maître de philosophie fait son entrée. M. Jourdain lui demande de
rétablir la paix. Le philosophe affirme que la raison doit être maîtresse de
tous nos actes et la colère est une passion honteuse qui fait d’un homme une
bête féroce. Un homme sage doit être au-dessus de toutes les injures et il
doit y répondre avec la modération et la patience. Le maître de philosophie
affirme ensuite que la philosophie domine tous les autres arts. La dispute
reprend de plus belle entre les différents maîtres et le philosophe y prend
une belle part. Les insultes pleuvent et M. Jourdain, découragé, les laisse
se battre entre eux.
Scène IV
La dispute terminée, le maître de philosophie peut
commencer sa leçon. Il demande à M. Jourdain ce qu’il désire apprendre.
Celui-ci lui répond qu’il veut apprendre tout ce qu’il peut. Le maître lui
offre de lui enseigner la logique mais M. Jourdain désire apprendre quelque
chose de plus joli. La morale ? Non, car M. Jourdain veut se mettre en
colère comme bon lui semble. La physique ? Non, M. Jourdain trouve cela trop
compliqué. L’orthographe est demandée par M. Jourdain et aussi l’almanach
pour les différentes phases de la lune.
La leçon commence par les voyelles et leur
prononciation. Ensuite, le maître explique à M. Jourdain la signification de
la prose et des vers. M. Jourdain veut écrire un billet doux à Dorimène et
demande la façon la plus joli de l’écrire. Sa leçon terminée, le maître
philosophe se retire.
Scène V
Le maître tailleur fait son entrée. M. Jourdain se
plaint de son habit et de ses souliers qui le blessent mais le maître
tailleur rétorque que ce ne sont que des imaginations. Il défend son travail
en disant qu’il a fait l’habit de M. Jourdain comme tous les habits des gens
de qualité. Quatre garçons l’aident à enfiler son habit neuf et M. Jourdain
se promène entre eux en recherchant les compliments et les flatteries. Un
des garçons l’appelle « gentilhomme » et M. Jourdain en est tellement
content qu’il lui donne de l’argent pour le récompenser. Viennent ensuite
d’autres appellations flatteuses dont « Monseigneur » , « Votre grandeur »
qui valent à leurs auteurs de belles récompenses.
ACTE III
Scène première
M. Jourdain désire aller faire une promenade en ville
afin de montrer son nouvel habit. Il demande à ses deux laquais de
l’accompagner mais avant de se mettre en route, il fait appeler Nicole, la
servante de la maison afin de lui donner des ordres.
Scène II
Nicole ne peut s’empêcher de rire en voyant la façon
ridicule dont M. Jourdain est vêtu. Celui-ci menace de lui donner un
soufflet si elle n’arrête pas de se moquer de lui. M. Jourdain lui demande
de bien nettoyer la maison pour les invités qui doivent venir le soir même.
À l’annonce de visiteurs, Nicole n’a plus du tout envie de rire.
Scène III
Madame Jourdain, apercevant son mari, lui demande
pourquoi il s’est habillé de façon à faire rire tout le monde à ses dépens.
Elle lui fait des reproches sur sa façon de vivre et Nicole se plaint
également du trop grand nombre de visiteurs qui salissent continuellement la
maison. Mme Jourdain conseille à son mari de chercher un époux pour sa fille
au lieu de prendre des cours qui ne sont plus de son âge. M. Jourdain
réplique qu’il désire devenir un homme de qualité et être capable de bien
raisonner en compagnie d’honnêtes gens. Il déclare avoir honte de
l’ignorance de sa femme et de sa servante. Mme Jourdain reproche à son mari
de trop fréquenter les nobles et un certain Monsieur le comte qui lui
emprunte continuellement de l’argent. M. Jourdain rétorque que ce comte
parle de lui au Roi et c’est un honneur qu’il vienne dans sa maison. Il
ajoute que c’est un honneur de lui prêter de l’argent car c’est un homme de
qualité. De plus, il est certain que Dorante, le gentilhomme lui rendra tout
ce qu’il a emprunté. Mme Jourdain n’y croît pas.
Scène IV
Dorante fait une entrée flamboyante. Il couvre M.
Jourdain de flatteries et de compliments mais Mme Jourdain n’est pas dupe.
Dorante déclare vouloir rendre tout ce qu’il doit à M. Jourdain. Il lui fait
compter tout l’argent dû et demande qu’on lui en prête encore plus qu’il
rendra au premier jour. Mme Jourdain essaie d’ouvrir les yeux de son mari
mais en vain. Dorante dit qu’il ira chercher ailleurs si M. Jourdain refuse.
M. Jourdain accepte de prêter encore plus d’argent à Dorante. Mme Jourdain
traite M. Jourdain de vrai dupe. Celui-ci rétorque qu’il ne peut rien
refuser à un homme qui parle de lui au Roi.
Scène V
Dorante s’entretient avec Mme Jourdain et lui demande
où se trouve sa fille, Lucile, et comment elle se porte. Mme Jourdain lui
répond sèchement que Lucile est bien où elle est et qu’elle se porte sur ses
deux jambes. Dorante les invite à venir voir un jour, le ballet et la
comédie que l’on présente chez le Roi.
Scène VI
M. Jourdain apporte l’argent à Dorante et celui-ci le
remercie en lui promettant les meilleures places au divertissement royal.
Dorante annonce que la marquise Dorimène viendra dîner chez M. Jourdain et
qu’elle a accepté le diamant que M. Jourdain lui a offert par
l’intermédiaire de Dorante lui-même. Il ajoute que les femmes aiment les
dépenses que l’on faits pour elles. M. Jourdain avoue qu’il est prêt à
toutes les folies pour conquérir une femme de qualité. Mme Jourdain demande
à Nicole d’essayer d’écouter ce que les deux hommes se disent. M. Jourdain
confie à Dorante qu’il sera libre au dîner car sa femme ira chez sa sœur où
elle passera tout l’après-dîner. Dorante a tout préparé et c’est lui qui a
donné les ordres au cuisinier de M. Jourdain pour le dîner en l’honneur de
Dorimène. M. Jourdain aperçoit soudain Nicole qui écoute et lui donne un
soufflet.
Scène VII
Nicole fait son rapport à Mme Jourdain et lui dit
qu’il y a anguille sous roche. Les deux hommes parlent d’une affaire où Mme
Jourdain n’est pas la bienvenue. Mme Jourdain sait que son mari la trompe
depuis longtemps et n’est pas surprise. Cependant, elle veut le bonheur de
sa fille, Lucile, et elle veut la marier à Cléonte, dont Lucile est
amoureuse. Elle demande à Nicole d'aller parler à Cléonte et lui dire qu’il
vienne la trouver tout à l’heure afin de faire sa demande à M. Jourdain.
Nicole obéit et cours faire la commission.
Scène VIII
Cléonte accueille Nicole avec colère et ne veut rien
entendre de ce qu’elle a à lui dire. Nicole cherche à comprendre la raison
de cette colère et demande à Covielle, le valet de Cléonte. Covielle lui
demande de s’en aller et de les laisser en paix. Nicole cours raconter cette
histoire à Lucile.
Scène IX
Cléonte se plaint à Covielle du fait que Lucile, lors
d'une rencontre fortuite, l’a totalement ignoré. Il la traite d’ingrate et
de perfide. Covielle se plaint de Nicole de la même façon et la traite de
pendarde. Les deux hommes énumèrent tous les services et les soins rendus à
ces dames qui les payent en leur tournant le dos. C’est une véritable
trahison. Cléonte veut rompre avec Lucile et demande à Covielle d’en dire
tout le mal qu’il pourra. Mais, tous les efforts de Covielle pour déprécier
Lucile sont vains car Cléonte en est encore follement amoureux et ne voit
que ses qualités. Toutefois, il mijote sa vengeance.
Scène X
Nicole raconte à Lucile la façon dont Cléonte l’a
traitée. Lucile croit connaître l’explication de cette étrange attitude de
Cléonte. Lucile demande à Cléonte si c’est bien la rencontre de tantôt qui
l’a mis en colère. Cléonte confirme le fait. Lucile tente d’expliquer
pourquoi elle l’a ignoré mais Cléonte ne veut rien entendre malgré tous les
efforts de Lucile. Nicole essaie de même avec Covielle mais en vain, il ne
veut rien entendre lui non plus et la traite de traîtresse. Lasse, Lucile
renonce à s’expliquer et s’apprête à sortir lorsque Cléonte se ravise et
veut savoir le fin fond de l’histoire. Lucile et Nicole ne veulent plus rien
dire malgré les supplications de Cléonte et de Covielle. Cléonte et Covielle
menacent alors de se tuer si Lucile et Nicole refusent de s’expliquer.
Lucile, ébranlée, raconte alors que c’est une vieille tante qui est la cause
de tout. La seule approche d’un homme est un déshonneur pour une fille,
d’après elle. Tous les hommes sont des diables et les saluer équivaut à la
perte de son âme. Voilà pourquoi Lucile et Nicole ont ignoré les deux jeunes
hommes. Cléonte et Covielle les croient et s’en trouvent apaisés.
Scène XI
Mme Jourdain rencontre Cléonte et lui rappelle de demander Lucile en mariage
à son mari qui vient. Cléonte est enchanté et trouve cet ordre charmant.
Scène XII
Cléonte fait sa demande à M. Jourdain. Celui-ci veut
savoir si Cléonte est un gentilhomme. Devant la réponse négative du jeune
homme, M. Jourdain refuse de lui donner sa fille en mariage. Mme Jourdain
rappelle à son mari qu’il n’est pas gentilhomme lui-même car son père
n’était qu’un simple marchand. Mais M. Jourdain déclare qu’il veut avoir un
gentilhomme pour gendre. Mme Jourdain préfère pour sa fille un honnête homme
riche et bien fait qu’un gentilhomme gueux et mal bâti. M. Jourdain ajoute
qu’il veut faire de sa fille une marquise. Mme Jourdain n’est pas d’accord
car les alliances avec plus grand que soi sont sujettes à de fâcheux
inconvénients. M. Jourdain lui reproche de vouloir rester dans la bassesse
et lui ordonne de se taire. Mme Jourdain demande à Lucile d’essayer de
convaincre M. Jourdain qu’il a tort.
Scène XIII
Cléonte est désespéré mais Covielle lui conseille
d’user de ruse pour obtenir la main de Lucile car avec un homme aussi fou
que M. Jourdain, il n’y a pas d’autres solutions. Covielle a un plan qu’il
explique à Cléonte.
Scène XIV
Un laquais annonce à M. Jourdain, l’arrivée de
Monsieur le Comte et d’une dame qu’il mène par la main. M. Jourdain a des
ordres à donner et demande de les faire attendre un peu.
Scène XV
En attendant M. Jourdain, Dorante converse avec
Dorimène. Dorimène exprime ses scrupules à recevoir tellement de cadeaux et
d’attentions de la part de Dorante, dont un magnifique diamant. Et ce dîner
fastueux commandé par Dorante qui veut lui exprimer son amour et obtenir sa
main, est selon elle, de folles dépenses dont elle n’a jamais exprimé le
besoin. Dorimène est veuve et hésite à se marier une seconde fois. Les
dépenses de Dorante, payées par M. Jourdain ce qu’elle ignore, l’inquiètent
car elle ne veut pas s’engager. Mais, Dorante annonce soudain l’arrivée du
maître du logis.
Scène XVI
M. Jourdain fait sa révérence à Dorimène comme lui a
enseigné le maître à danser. Il exagère un peu. M. Jourdain souhaite la
bienvenue à Dorimène en longues phrases ampoulées ce qui fait bien rire
Dorante. Dorimène juge son homme aussitôt. Dorante conseille tout bas à M.
Jourdain de ne point parler du diamant offert à Dorimène, car ce serait
vilain et indigne d'un gentilhomme. Ils peuvent passer à table car tout est
prêt. M. Jourdain ordonne de faire venir les musiciens.
ACTE IV
Scène première
Dorimène trouve le repas tout à fait magnifique mais
M. Jourdain le juge indigne d’elle. Dorante fait les honneurs de la maison
de M. Jourdain. Il explique à Dorimène que c’est lui qui a commandé le dîner
et, bien que le repas ait coûté fort cher, il aurait bien aimé en préparer
un encore plus fastueux. Bien entendu, c’est M. Jourdain qui a tout payé.
Dorimène montre son diamant à M. Jourdain et celui-ci la complimente sur ses
belles mains et dédaigne la pierre. Dorante leur demande de faire silence
car les musiciens et la musicienne commencent à chanter des chansons à
boire, accompagnés de toute la symphonie. Dorimène est enchantée et M.
Jourdain la couvre de compliments et de flatteries de toutes sortes.
Scène II
Mme Jourdain entre et surprend M. Jourdain en train de
faire sa cour à Dorimène. Dorante explique que c’est lui qui donne le dîner
pour Dorimène et M. Jourdain ne fait que lui prêter sa maison. Mme Jourdain
n’est pas dupe et elle fait des reproches à Dorimène de se laisser courtiser
par un homme marié. Dorimène n’y comprend plus rien et sort. M. Jourdain
demande à Dorante de la ramener et demande à sa femme de s’excuser mais Mme
Jourdain s’en moque et sort.
Scène III
Covielle fait son entrée déguisé et se présente à M.
Jourdain comme un grand ami de son père qui était, d’après lui, un fort
honnête gentilhomme. M. Jourdain est enchanté d’apprendre que son père
n’était pas marchand mais gentilhomme. Covielle annonce qu’il a voyagé
partout dans le monde et est revenu depuis quatre jours. Il vient annoncer à
M. Jourdain une nouvelle incroyable. Le fils du Grand Turc est amoureux de
Lucile, la fille de M. Jourdain et désire l’épouser. De plus, il veut faire
de M. Jourdain un Mamamouchi, c’est-à-dire un paladin, ce qui rendra M.
Jourdain égal au plus grands seigneurs de la terre. M. Jourdain veut qu’on
le mène immédiatement chez le fils du Grand Turc mais Covielle lui annonce
qu’il viendra lui rendre visite dans sa maison. M. Jourdain est enchanté
mais il a peur que Lucile refuse ce mariage car, elle est amoureuse de
Cléonte. Covielle le rassure car le fils du Grand Turc ressemble à s'y
méprendre à Cléonte…
Scène IV
Cléonte fait son entrée déguisé en Turc et souhaite
dans la langue turque, que le cœur de M. Jourdain soit toute l’année comme
un rosier fleuri. Covielle sert d’interprète. Cléonte demande à M. Jourdain
d’aller se préparer pour la cérémonie de Mamamouchi et de conclure ensuite
le mariage avec Lucile. M. Jourdain s’empresse d’obéir.
Scène V
M. Jourdain parti, Cléonte et Covielle rient de bon
cœur en se moquant de la crédulité de M. Jourdain. Ils aperçoivent Dorante
et lui expliquent toute l’affaire. Pendant que Covielle donne à celui-ci des
détails, la cérémonie turque pour ennoblir M. Jourdain commence en danse et
en musique.
ACTE V
Scène première
Mme Jourdain, apercevant M. Jourdain habillé pour la
cérémonie, lui demande qui l’a fagoté comme cela. M. Jourdain exige plus de
respect car il est maintenant un Mamamouchi. Mme Jourdain n’y comprend rien
et exige des explications. M. Jourdain se met à parler en langue turque et
Mme Jourdain, convaincue qu’il a perdu l’esprit, sort.
Scène II
Dorante, désireux d’aider Cléonte, demande à Dorimène
d’appuyer sa mascarade. Dorimène accepte d’aider Cléonte et aussi de se
marier avec Dorante afin qu’il cesse ses folles dépenses pour la conquérir.
Ils se taisent en voyant arriver M. Jourdain.
Scène III
Dorante rend hommage à M. Jourdain pour sa nouvelle
dignité et le félicite pour le mariage de sa fille avec le Grand Turc. M.
Jourdain le remercie à la turque et s’excuse auprès de Dorimène du
comportement de Mme Jourdain. Dorante demande où est Son Altesse Turque et
M. Jourdain dit qu’il le voit venir et demande qu’on aille chercher sa fille
pour lui donner sa main.
Scène IV
Dorante s’incline devant Cléonte déguisé et lui
présente ses respects. Cléonte lui répond en langue turque que Covielle
s’efforce de traduire du mieux qu’il peut. Le Grand Turc dit que la pluie
des prospérités arrose en tout temps le jardin de la famille de Dorante.
Dorante trouve cette phrase admirable.
Scène V
En apercevant Lucile, M. Jourdain lui demande de
s’approcher et de donner sa main au fils du Grand Turc. Lucile demande à son
père si c’est une comédie mais M. Jourdain lui affirme que c’est le mari
qu’il lui destine. Lucile refuse de se marier avec le fils du Grand Turc.
Mais, reconnaissant Cléonte, elle se ravise et obéit à son père en acceptant
le mariage. M. Jourdain est ravi d’avoir une fille si obéissante.
Scène VI
Mme Jourdain, n’ayant pas reconnu Cléonte, s'oppose de
toutes ses forces à ce mariage insensé. Elle s’étonne que sa fille consente
à épouser un Turc et oublie Cléonte si vite. Elle traite sa fille de
coquine. Covielle prend Mme Jourdain à part et lui explique toute l’affaire.
Mme Jourdain annonce aussitôt qu’elle consent au mariage et envoie quérir un
notaire. Dorante annonce qu’il se servira du même notaire pour son mariage
avec Dorimène, ce qui apaise la jalousie de Mme Jourdain envers son mari. M.
Jourdain pense que Dorante annonce son mariage avec Dorimène dans le simple
but de confondre Mme Jourdain et il accepte. M. Jourdain donne Nicole en
mariage à Covielle qui accepte de bon cœur. En attendant le notaire, tout le
monde se divertit en regardant le ballet donné en l’honneur du fils du Grand
Turc.
La pièce se termine avec un ballet nommé « Ballet des Nations » . Pour ce
ballet, Molière eut la collaboration de Lully, non seulement pour la partie
musicale mais pour les vers italiens, et celle de Quinault pour les vers
français.
Le Bourgeois gentilhomme est une Comédie-ballet faite pour le divertissement
du Roi Louis XIV et représentée en public à Paris, pour la première fois sur
le théâtre du Palais-royal, le 23 novembre 1670, par la Troupe du Roi.


